Il y a les montres qui donnent l’heure et celles qui préfèrent raconter le temps. Avec sa MISSION TO THE MOON 1969, Swatch préfère s’inscrire dans un objet qui dépasse sa fonction. Une MoonSwatch produite à seulement 1 969 exemplaires, enrichie de onze grammes d’or 18 carats et imaginée comme un hommage assumé à Apollo 11 et à l’une des Speedmaster les plus singulières de l’histoire d’OMEGA. À mi-chemin entre montre populaire et objet de collection, elle cultive avec malice le goût du symbole. Et transforme quelques grammes d’or en machine à remonter le temps.
Il fallait bien 1969 exemplaires. Ni un de plus, ni un de moins. Avec la MISSION TO THE MOON 1969, Swatch ne fait pas vraiment dans la discrétion historique. Tout ou presque renvoie à cette année durant laquelle l’Homme posa pour la première fois le pied sur la Lune. Apollo 11 avait aluni le 20 juillet 1969. Quelques heures plus tard, à 22 h 56 heure de la côte Est américaine, soit dans la nuit du 20 au 21 juillet en temps universel, Neil Armstrong descendait l’échelle du module Eagle et devenait le premier homme à fouler le sol lunaire. Buzz Aldrin le rejoindrait une vingtaine de minutes plus tard.

Au poignet d’Aldrin, une OMEGA Speedmaster. Une histoire suffisamment forte pour lier durablement la montre à la conquête spatiale. OMEGA célèbre dès 1969 l'aventure Apollo avec une Speedmaster en or jaune 18 carats, référence BA 145.022. 1 014 exemplaires sont produits. Dix-neuf astronautes en reçoivent une lors d’un dîner organisé à Houston le 25 novembre 1969, tandis que trois autres sont attribuées à titre posthume aux membres de l’équipage d’Apollo 1. Richard Nixon et son vice-président Spiro Agnew s’en voient également proposer une, mais la Maison-Blanche décline les cadeaux en raison de ses règles en la matière.
Plus d’un demi-siècle plus tard, Swatch est donc retourné puiser dans cette histoire pour créer une MoonSwatch assez particulière. Le boîtier reste réalisé en biocéramique noire mate, le matériau composite développé par Swatch associant deux tiers de céramique et un tiers de matière biosourcée issue de l’huile de ricin. Mais le cadran, les aiguilles, la couronne et les poussoirs changent radicalement de registre car ils sont fabriqués en Moonshine Gold 18 carats d’OMEGA. Au total, onze grammes d’or. Onze comme Apollo 11.
Et Swatch a poussé le symbole plus loin encore. La marque précise que, pour fabriquer cet or, des pièces détachées OMEGA datant de 1969 ont été fondues, avant d’être transformées en Moonshine Gold 18 carats. Une manière assez spectaculaire de faire entrer physiquement un morceau du passé dans une montre de 2026. Les références se poursuivent dans les détails. Cadran à finition satinée verticale, lunette noire avec échelle tachymétrique dorée, index en or biseautés, logos et typographie d’inspiration vintage. La MISSION TO THE MOON 1969 regarde constamment dans le rétroviseur. Au dos, le couvercle de pile présente une lune dorée accompagnée de la date de l’alunissage et d’une empreinte évoquant le premier pas humain sur la Mer de la Tranquillité. Chaque montre est enfin numérotée individuellement sur le côté du boîtier. Pour le reste, on demeure bien dans l’univers MoonSwatch. 42 mm de diamètre, 13,25 mm d’épaisseur, mouvement chronographe à quartz, étanchéité à 3 bar, verre biosourcé et bracelet en caoutchouc noir à fermeture Velcro. Même l’achat aété transformé en jeu.Les prétendants devaient remplir un Electronic Swatch Timepiece Application, ou ESTA, clin d’œil évident aux formalités d’entrée aux États-Unis. Le questionnaire comportait 32 questions et devait être complété entre le 16 et le 21 juillet 2026. Swatch accordait deux heures et quinze minutes pour répondre, soit approximativement la durée de l’exploration lunaire d’Armstrong et Aldrin. Les candidats ayant répondu correctement passaient ensuite par une sélection interne.
En France, la montre est affichée 600 euros. Un prix presque dérisoire au regard de ses onze grammes d’or, de sa production limitée et de l’histoire qu’elle convoque. Car c’est peut-être là que cette MoonSwatch devient intéressante. Elle n’essaie pas d’être une Speedmaster en or à prix réduit. Elle emprunte ses codes, joue avec ses souvenirs et assume pleinement le décalage entre quartz, biocéramique et métal précieux. Une Swatch, donc. Mais avec onze grammes d’Histoire au poignet.
Photos ©swatch/pressroom