Après des années d’amateurisme, trois victoires en Grand Prix et une carte pleine obtenue pour l’Alps Tour 2026, Mathéo Guitton s’est lancé à temps complet dans une aventure aussi excitante qu’exigeante. Derrière les tournois et le plaisir de faire de sa passion son quotidien, le Breton découvre les voyages à répétition, l’administratif, la recherche de partenaires et cette obligation de performer presque chaque semaine. Une première saison faite d’apprentissage, de frustration parfois, mais aussi d’un premier cut sur le HotelPlanner Tour et d’une motivation toujours intacte pour la suite.

Du golf de la baie de Saint-Brieuc à une carte complète sur l’Alps Tour, comment s’est construit ton parcours ?

J’ai commencé au golf de la baie de Saint-Brieuc, où je suis resté une dizaine d’années. Ensuite, je suis parti à La Freslonnière parce que je voulais jouer davantage en équipe, me confronter à de meilleurs joueurs et profiter d’une dynamique sportive plus forte. J’ai disputé les championnats de France jeunes puis adultes, les grands tournois amateurs et j’ai gagné trois Grands Prix, à Baden, au Mans et à Saint-Malo. En parallèle, j’ai fait GolfSup et obtenu un bachelor en marketing. C’était important pour moi d’avoir un diplôme, mais une fois mes études terminées, j’avais envie de me donner une vraie chance dans le golf. C’est ma passion depuis toujours. Cela fait maintenant deux ans que je m’y consacre à fond. Obtenir une carte complète sur l’Alps Tour m’a permis d’entrer vraiment dans cette vie de joueur professionnel.

La vie de joueur professionnel ressemble-t-elle à ce que tu avais imaginé ?

Pas complètement. Je savais qu’il y aurait beaucoup de déplacements, beaucoup de temps loin de chez moi et une vie assez rythmée par les tournois. J’avais déjà joué quelques épreuves de l’Alps Tour, donc je connaissais un peu le niveau et le fonctionnement du circuit. En revanche, j’avais sous-estimé tout ce qu’il y a autour du golf. Il faut créer sa société, organiser ses déplacements, réserver les hôtels, gérer son planning, l’administratif… Je suis aidé par mon coach et je ne pars pas forcément seul, mais je n’ai personne qui gère tout cela à ma place. On découvre qu’être joueur professionnel, ce n’est pas seulement s’entraîner et jouer des tournois. Il y a tout un quotidien à organiser soi-même.


Mathéo Guitton en interview express
Qu’est-ce qui est le plus difficile sur une saison complète d’Alps Tour ?

Le plus dur, c’est de réussir à être performant toutes les semaines. On parle d’une troisième division européenne, mais le niveau est vraiment très bon. Si tu joues simplement bien ou moyennement, tu peux très vite te retrouver autour du cut, voire le manquer. Entre mai et fin juillet, j’ai joué dix tournois en onze semaines. Au départ, je pensais en sauter quelques-uns, mais c’est difficile de faire ce choix parce que chaque tournoi représente une opportunité. Finalement, j’ai préféré beaucoup jouer pour prendre de l’expérience, comprendre comment mon corps et mon jeu réagissent à ces enchaînements et accumuler des informations pour les prochaines saisons. Cette année, je devrais arriver à une petite vingtaine de tournois. C’est très différent du rythme amateur.

Quel bilan tires-tu de cette première vraie saison et avec quel état d’esprit regardes-tu la suite ?

Il y a forcément un peu de frustration parce que j’ai souvent eu le sentiment de bien jouer sans forcément être récompensé au classement. J’ai raté plusieurs cuts d’un ou deux coups et je me suis souvent retrouvé du mauvais côté de la barre. Mais il y a aussi de très bons souvenirs. J’ai notamment disputé mon premier tournoi sur le HotelPlanner Tour et passé le cut. Ma famille habite à une trentaine de minutes du golf, donc mes parents, des proches et des amis étaient là. Jouer le week-end face à des joueurs qui évoluent parfois entre le HotelPlanner Tour et le DP World Tour, c’était une expérience très forte et très enrichissante. La saison n’est pas terminée et l’objectif reste d’aller chercher un ou deux gros résultats. Ensuite, il faudra conserver ma catégorie et essayer de faire mieux l’année prochaine. Je suis toujours aussi motivé. C’est vraiment ma passion et je suis très heureux de vivre cette aventure, même si elle comporte des moments difficiles. Et puis il y a aussi la recherche de partenaires. Heureusement j’ai la chance d’être soutenu par Arkéa et j’attends la finalisation avec un deuxième partenaire important. À ce niveau-là, c’est clairement le nerf de la guerre.