Trois jours au Château de la Bégude, entre les fairways historiques du Golf d’Opio Valbonne, les perspectives ouvertes de la Grande Bastide, quelques heures d’entraînement et de précieux moments de détente. Une parenthèse azuréenne où l’on vient jouer au golf, mais dont on repart avec bien davantage.

J’ai toujours pensé que la Côte d’Azur souffrait parfois de sa propre réputation. À force de cartes postales, de clichés et d’images mille fois vues, on finit par oublier qu’elle abrite aussi des endroits plus discrets, plus sincères, où le luxe n’est jamais tapageur et où l’on peut encore entendre le chant des cigales couvrir le bruit du monde. C’est précisément cette sensation qui m’a accompagnée lorsque je suis arrivée au Château de la Bégude pour trois jours de pause. Quelques kilomètres seulement séparent le domaine de l’agitation du littoral, mais l’impression de changement est immédiate. La route serpente entre les collines, les oliviers apparaissent derrière les murets de pierre sèche et l’air semble soudain plus léger. Comme si quelqu’un avait ouvert une fenêtre dans une journée trop chargée. La bastide du XVIIe siècle se dévoile progressivement au cœur du Golf d’Opio Valbonne. Elle n’impressionne pas par la démesure. Au contraire. Elle séduit par sa simplicité élégante, cette capacité très provençale à paraître naturelle alors que tout est parfaitement pensé. Quelques minutes après avoir posé ma valise dans ma chambre, comme souvent dans le cadre de ces week-ends de rêve, je me surprends déjà à ralentir. Ce n’était pourtant pas le programme. En général, lorsque je découvre un resort golfique, je prévois de visiter rapidement puis de rejoindre dans la foulée le practice. Mais la terrasse, la lumière de fin d’après-midi et le calme environnant me retiennent. Ici, j’ai le sentiment que l’on m’incite à lever le pied.

Le lendemain matin, je retrouve pourtant mes habitudes. Direction le practice. Les installations connectées permettent d’observer chaque trajectoire, d’analyser chaque coup et de transformer une simple séance d’entraînement en véritable expérience immersive. Je commence tranquillement, avec quelques swings prudents, le temps de réveiller le corps. Un seul bon contact, parfaitement centré, une balle compressée et la séance est réussie. L’heure du départ approche et je rejoins le premier tee du Golf d’Opio Valbonne. Très vite, je comprends pourquoi tant de joueurs parlent de ce parcours avec affection. Ici, le golf semble avoir trouvé naturellement sa place dans le paysage. Les fairways serpentent entre les arbres centenaires, épousent les reliefs et composent avec l’histoire des lieux plutôt que de chercher à la dominer. Une restanque de pierre sèche qui accompagne le tracé depuis des générations. Une rangée de cyprès. Cet aqueduc gallo-romain qui traverse discrètement le domaine et rappelle que plusieurs siècles nous contemplent pendant que nous essayons, très humblement, de trouver le fairway. Ici, le parcours ne semble pas avoir été posé sur la Provence. Il paraît en être issu. Cette authenticité donne au parcours une personnalité singulière. Le dessin est exigeant sans jamais devenir brutal. Il demande de réfléchir, de choisir ses trajectoires, d’accepter parfois qu’un coup raisonnable soit préférable à une tentative héroïque. Autant dire que j’ai régulièrement oublié cette dernière recommandation. Mais c’est aussi ce qui rend cette expérience attachante. Opio Valbonne ne cherche jamais à impressionner. Il invite simplement à jouer juste. Et lorsque l’on parvient à se mettre au diapason de son rythme, le plaisir devient immense. Après dix-huit trous, quelques kilomètres parcourus à pied et plusieurs conversations avec des joueurs croisés au fil du parcours, je rejoins le spa du Château de la Bégude. Mon unique préoccupation consiste à profiter du silence. Le soin que je m’offre agit comme une parenthèse dans la parenthèse. Les tensions accumulées au fil des déplacements semblent peu à peu disparaître. L’endroit est parfait.

Le soir venu, la terrasse du restaurant devient naturellement le point de rendez-vous des résidents. La lumière dorée descend lentement sur le parcours pendant que les conversations s’animent autour des tables. J’aime ces moments où le golf cesse d’être uniquement un sport pour devenir ce qu’il est pour beaucoup, un prétexte à la rencontre. On refait la partie, évidemment. Quelques coups deviennent meilleurs qu’ils ne l’étaient réellement et les conversations s’étirent naturellement. Les traditions ont du bon. La cuisine, inspirée des produits de saison et du terroir méditerranéen, accompagne parfaitement cette atmosphère décontractée. La soirée se déroule. Personne ne semble pressé de quitter la terrasse.

La douceur de la Riviera

Le troisième jour est consacré au Golf de la Grande Bastide. Quelques minutes de route suffisent pour changer d’ambiance. Comme d’habitude, passage par le practice. Ce nouvel espace connecté se vit comme une véritable expérience entre amis ou en famille, idéal pour les longues journées et soirées d’été, bientôt accompagnées par une nouvelle offre restauration. Concernant le parcours, la Grande Bastide s’ouvre davantage sur le paysage. Les perspectives s’élargissent, les lignes deviennent plus aériennes et, tout au long du parcours, les fleurs à parfum rappellent l’une des grandes traditions de cette partie de la Côte d’Azur. Ici, l’influence du pays grassois n’est jamais très loin. Les senteurs qui ont fait la réputation mondiale de la région accompagnent discrètement la partie et apportent une dimension sensorielle singulière à l’expérience. On joue au golf, bien sûr, mais le regard comme l’imaginaire s’échappent régulièrement vers ce territoire où la nature, le patrimoine et l’art de vivre semblent dialoguer depuis toujours. Les vues s’ouvrent sur les collines azuréennes. Les fairways paraissent plus accueillants. Cette ouverture se retrouve également à l’heure du déjeuner. Installé au cœur du golf, le restaurant Victoire dépasse largement le cadre du traditionnel club-house. Le lieu a été imaginé comme un véritable espace de vie où se retrouvent golfeurs, visiteurs et habitants de la région. La cuisine fait la part belle aux saveurs méditerranéennes dans une atmosphère élégante mais décontractée. On y vient autant pour partager un repas que pour prolonger l’expérience de la destination. La terrasse ouverte sur le parcours invite naturellement à s’attarder. Dans un univers golfique où la restauration reste parfois fonctionnelle, Victoire apporte une dimension supplémentaire au voyage. C’est l’une des grandes forces de la destination. En moins de trois jours, j’ai eu le sentiment de découvrir une destination complète, construite autour de deux visions du golf parfaitement cohérentes et pourtant profondément différentes. L’une s’appuie sur l’histoire, la pierre et le patrimoine provençal. L’autre sur l’espace, les parfums et les grands horizons azuréens. Entre les deux, le Château de la Bégude agit comme un trait d’union naturel, tandis que des lieux de vie comme Victoire prolongent l’expérience bien au-delà des fairways. Au moment de partir, je repense à ces trois jours faits de golf, de repos, de lumière et de rencontres.

Je suis arrivée avec l’envie de jouer. Je repars avec le sentiment d’avoir respiré. Et dans un quotidien où je manque de temps, où les moments de déconnexion sont rares, c’est certainement le plus beau souvenir.

Texte Guillaume Barnett